Si nous continuons à vivre comme nous le faisions avant l’arrivée de la crise sanitaire, c’est que nous n’avons rien compris et qu’un grand nombre d’entre nous continuera à s’appauvrir, notamment en vivant au dessus des ses moyens. 

Cette crise que nous traversons depuis maintenant plus d’une année sera dans les livres d’histoire. Peut être qu’elle y sera reconnue comme un détonateur ayant provoqué chez un grand nombre de nos concitoyens une envie d’autre chose, une prise de conscience révélatrice parmi ceux  qui comprendront s’être trompés ou fait happer par le quotidien et désirant changer de route, de trajectoire ou encore de mode de vie.

Nous évoquions  récemment l’idée d’éventuels retours de citadins en province s’installant dans de petites villes, des villages, des zones rurales reculées dans le but de « vivre mieux » et de leur apporter une nouvelle dynamique sociale et économique , mais aujourd’hui nous constatons qu’au sein même des métropoles des employés, salariés, cadres,  quittent leur entreprise pour créer leur propre outil de travail de façon à allier  revenus et bien être. Il est intéressant de voir à quelle vitesse se développent les sociétés de prestations de service et comment de petits boulots oubliés refont surface. Il est incontestable qu’un grand nombre d’entre nous souhaite autre chose et que nous aurions tendance à nous en donner les moyens, ce qui n’était pas le cas au cours des décennies précédentes .

Il y a cinq  ans en arrière les vendeurs de vélos ne faisaient plus recette. Aujourd’hui leurs ateliers de réparations affichent complets trois semaines à l’avance, la profession recrute et les ventes de vélos ont augmenté de 28%  en 2020. D’après des économistes l’embellit devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2024/25 . 

De petits ateliers de réparations en électro ménager, hi-fi, télévision voient le jour ici, là on crée une entreprise de restructuration de moyens de communication (téléphones/ordinateurs   qui fait recette  et on commence à comprendre que ce que l’on jette aujourd’hui peut (doit ?) être réparé, restauré, recyclé, restructuré, revendu à des tarifs abordables pour le plus grand nombre, même les plus modestes et vivre une seconde vie.

Nous savons tous qu’un grand nombre de fabricants  qui misent sur le renouvellement rapide de leurs productions équipent leurs appareils de pièces spécifiques qui deviendront rapidement introuvables contraignant leurs utilisateurs à renouveler un matériel devenu irréparable, alors qu’il est encore en excellent état .

Un téléphone mobile qui déclarera forfait au bout de 12 à 18 mois  pourrait tout à fait durer dix ans mais les fabricants en ont décidé autrement. Idem  pour une machine à laver qu’il va falloir remplacer tous les cinq ans faute de pièces de rechange disponibles.

Si à cela on rajoute le phénomène de mode lié à une forme, une matière, une couleur et quelques facilités de paiement en prime on retombera bien vite dans le piège d’une consommation non régulée qu’il faut impérativement freiner . 

Aujourd’hui un mécanicien du dimanche ne peut mettre le nez dans son moteur, alors même que de vieilles Peugeot des années 70 sillonnent encore les routes sur le continent africain. Qu’on le veuille ou non 

il va falloir apprendre rapidement à produire, réparer et consommer autrement. Quel est l’intérêt de créer une société d’addiction dans laquelle un adolescent serait raillé par ses camarades de classe sous prétexte que son portable aurait plus d’un an ? 

Si cette crise débouche sur  une « positive attitude » et l’idée qu’il faut que nous arrêtions de nous tromper, il en sortira quelque chose d’extrêmement salvateur pour les générations futures.