«  Toute idée révolutionnaire commence par être d’abord considérée comme ridicule , puis dangereuse avant de devenir évidente », Idriss Aberkane.

Cette citation, qui pourrait être chère aux professeurs de philo, doit elle s’appliquer uniquement aux idées révolutionnaires ? Elle DOIT s’appliquer également à toute idée nouvelle pour peu qu’elle bouscule les codes établis par le système ou plus simplement et dans ce qui nous intéresse aujourd’hui ceux d’une entreprise qui semble aller bien parce qu’elle ronronne avec la bénédiction de celui qui est à sa tête depuis des décennies,  parfois même qui a succédé à un membre de sa famille ou qui a débuté au temps ou tout était plus simple et les affaires plus fleurissantes .

Le fondateur des établissements DARTY en 1946 avait pour devise qu’une  affaire commençait à être en danger le jour ou elle allait trop bien et que celui qui était à sa tête  commençait à regarder le paysage quand il prenait un train , métaphore intéressante s’il en est mais vérifiée par la suite .

L’essentiel dans l’idée c’est qu’elle arrive au bon moment c’est à dire avant que la concurrence finisse par avoir la même, l’adopter , la détourner à son profit ou tout simplement la récupérer de façon plus ou moins conventionnelle.  On ne peut arriver à ce stade qu’en faisant  preuve de courage en ayant  le goût du risque et  celui de l’innovation.

Ce qui est important c’est  d’être un précurseur  quitte à passer pour un original ou parfois même un illuminé .

Qui pouvait imaginer par exemple  que Gérard Schmitter regardant à 20 ans  les péniches passer sur le Rhin allait devenir le fondateur éclairé de ce qui est aujourd’hui  « Croisi-Europe  »  première compagnie fluviale européenne ? Tout cela en commençant par acheter un vieux bateau qui ne tenait pas debout grâce aux soutiens de trois personnes de ses amis et croyaient en lui  et qu’il n’a jamais trahi par la suite . Idée ridicule ?

 Nous avons pris un exemple «  local » au hasard mais nous pourrions noircir bien des pages en  ne parlant que de ces gens qui avaient quelque chose qui manque beaucoup aujourd’hui et que nous appellerons  «  avoir du nez » . Nous constatons que l’époque n’est pas propice aux aventuriers et qu’elle bloque un grand nombre de décideurs devenus frileux et qui ne bougent plus en attendant que ça se passe , un grand nombre  d’affaires en perdition auraient pus être sauvés si leurs dirigeants avaient davantage délégué, écouté leurs collaborateurs et leur faire confiance plutôt que de ne pas décoller de leurs certitudes parfois obsolètes , considérant que c’était mieux avant ou que c’est  voué à l’échec avant même d’avoir essayé.

Avant de refuser une idée de façon souvent autoritaire ou guidé par la peur  nous devons nous  demander pourquoi nous la trouvons ridicule , en analyser sereinement les raisons et tenir compte qu’une idée qui n’est pas de notre fait mais de celui  d’un collaborateur peut être excellente  il est impératif de faire preuve d’une grande ouverture d’esprit  et de redonner son sens initial au mot «  collaborateurs ». 

D’où un autre sujet qui pourrait être un sujet de philo : le dirigeant d’entreprise doit il être le protecteur des règles et habitudes en place ? Ou celui qui les remet en question tout le temps ? Ou les 2 ???